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Un passage au doctorat avec la plus grande importante chaire de recherche en activité physique et cancer au Canada

« Les bénéfices et l’impact de l’AP sur une personne vivant avec un cancer étant tellement percutants, j’en ai fait une mission de vie, une passion qui m’anime toujours aujourd’hui. »

Par Myriam Filion, Kinésiologue M. Sc.

 

J’ai fait le grand saut et je me suis laissée transporter par ma mission qui a toujours été de contribuer à l’amélioration de la qualité de vie et du mieux-être par l’entremise de l’activité physique (AP) du plus grand nombre de personnes atteintes de cancer possible. Depuis septembre 2020, je suis étudiante au doctorat avec la prestigieuse chaire de recherche canadienne en AP et cancer du Dr Kerry Courneya à l’Université d’Alberta.

Admise dans le « Behavioral Medicine Laboratory »

Dr Courneya possède une expérience impressionnante dans ce domaine, puisqu’il a dirigé plus de 50 essais cliniques en AP chez des patients atteints de cancer. À l’échelle internationale, il codirige deux essais cliniques randomisés de phase III sur l’AP en oncologie: l’étude CHALLENGE (Colon Health And Life-Long Exercise Change) et l’étude INTERVAL – GAP4 (INTense ExeRcise for surviVAL Among Men With Metastatic Prostate Cancer). Au cours de ses 30 ans de carrière, le Dr Courneya a contribué aux avancées dans ce domaine par le biais de plus de 540 publications. Ses efforts ont eu un impact positif sur la vie de nombreux patients atteints de cancer et ont inspiré les chercheurs du monde entier. C’est pourquoi j’ai l’honneur d’être son étudiante graduée et assistante de recherche dans son centre de conditionnement physique, le « Behavioural Medicine Laboratory », réservé aux participants des essais cliniques en activité physique et cancer.

Réalisation d’un rêve

En 2006, lors d’un stage au baccalauréat en kinésiologie, je lu mon premier article scientifique qui portait sur le rôle de l’AP dans la trajectoire de traitement d’une personne atteinte de cancer [1]. Penser que le chercheur qui avait écrit cet article allait un jour devenir mon directeur de recherche n’était alors qu’une aspiration bien lointaine. J’en connaissais très peu à ce moment-là et les chercheurs dans ce domaine ne représentaient qu’un petit nombre. Toutefois, au-delà de la science, j’ai été rapidement témoin des résultats impressionnants que pouvait avoir l’AP sur la condition physique et la qualité de vie d’une personne qui avait reçu un diagnostic de cancer. Les bénéfices et l’impact de l’AP sur une personne vivant avec un cancer étant tellement percutants, j’en ai fait une mission de vie, une passion qui m’anime toujours aujourd’hui.

Nouveaux horizons et nouvelle contribution

L’évolution de la recherche et des données probantes dans le domaine de la kinésio-oncologie est extraordinaire. Après un baccalauréat en kinésiologie, une maîtrise en épidémiologie et plus de huit années comme kinésiologue à intervenir sur le terrain, je sentais qu’il était temps pour moi d’amener ma carrière à un autre niveau et de contribuer autrement pour les personnes vivant avec le cancer. Ayant expérimenté la plupart des outils et des types d’interventions en AP existantes pour les personnes atteintes de cancer, ce retour aux études doctorales n’est que la suite logique de mon parcours. De nouvelles interventions sont nécessaires pour permettre aux personnes atteintes de cancer de s’exercer de façon sécuritaire et encadrée.

L’importance grandissante de la technologie mobile

Devant l’importance sans cesse grandissante de l’utilisation de la technologie, j’ai développé un intérêt solide pour les interventions mobiles et les plateformes web en AP spécifique à cette clientèle que j’ai à cœur depuis plusieurs années. Mes intérêts de recherches doctorales sont orientés vers l’évaluation de l’efficacité et de l’efficience des applications mobiles conçues pour les personnes atteintes de cancer afin de les implanter comme outils d’intervention. De plus, dans le contexte récent de la pandémie de la COVID-19, mon sujet de recherche arrive à point et le développement de nouveaux outils devient crucial pour la population atteinte du cancer du sein en cours de traitement. Heureusement, les interventions telles que la technologie de santé électronique (eHealth) ont démontré qu’il était possible d’améliorer le comportement face à la pratique d’AP, de diminuer la fatigue et d’augmenter le niveau d’AP chez les personnes atteintes de cancer [2,3].

Les avantages potentiels des applications mobiles en AP et cancer

Les études démontrent que les patients atteints de cancer sont favorables aux technologies mobiles [2,3,4,6]. L’utilisation des applications mobiles a le potentiel de révolutionner la pratique d’AP chez les patients atteints de cancer pour les raisons qui suivent [5] :

  1. Ayant l’appareil à portée de main, l’utilisateur développe une proximité avec l’exercice et une habitude d’utilisation qui a le potentiel d’augmenter sa pratique d’AP.
  2. Les applications mobiles sont facilement personnalisables aux besoins des individus.
  3. Ce type d’outil fournit une forme de supervision virtuelle des exercices prescrits.
  4. Étant facilement accessible, l’utilisateur évite les déplacements et peut s’exercer dans le confort de son foyer. C’est un avantage majeur pour les patients qui habitent loin des grands centres.
  5. En renforçant la capacité à fournir des services complémentaires à distance, il y a automatiquement une diminution des coûts des soins de santé. Ceci s’explique par une diminution des visites dans les centres hospitaliers et de soins de santé.

Une application mobile d’AP doit répondre aux besoins des personnes atteintes de cancer

Cependant, très peu d’entre elles sont conçues pour répondre aux besoins spécifiques des patients atteints de cancer du sein pendant leur traitement [6]. Une application mobile d’exercice qui s’adresse aux personnes atteintes de cancer doit présenter, entre autres, les critères suivants :

  1. Des exercices personnalisés et adaptés en fonction du type de cancer et du type de complications.
  2. Un volume d’exercice personnalisé en fonction du niveau de fatigue et du type de traitement reçu.
  3. Des objectifs spécifiques qui permettra à la personne atteinte de cancer de progresser dans sa pratique d’AP.
  4. Des outils concrets et des conseils personnalisés afin de surmonter les barrières à l’exercice tout au long de la trajectoire de la maladie.
  5. Application basée sur une théorie démontrée scientifiquement pour le changement de comportement et la motivation à pratiquer l’AP (ex. : théorie du comportement planifié).

Mon projet doctoral et mes hypothèses

À ce jour, l’acceptabilité et l’efficacité d’une application mobile d’activité physique spécifique au cancer n’ont pas été testées chez des patients vivant avec cette maladie. Plus spécifiquement, l’objectif principal de ma thèse doctorale est de déterminer les effets d’une application mobile spécifique en AP pour les personnes atteintes de cancer sur le changement de comportement face à la pratique d’AP pendant les traitements par rapport aux traitements standards. Mes hypothèses de recherche sont les suivantes :

  1. Les patients atteints de cancer qui utilisent une application mobile adaptée en AP augmenteront davantage leur pratique d’AP par rapport aux patients dans le groupe de traitements standards.
  2. En utilisant une application mobile adaptée en AP conçue spécifiquement pour les personnes atteintes de cancer, les patients amélioreront leur qualité de vie liée à la santé et leur motivation à pratiquer de l’AP.

Mon projet de recherche fournira les premières évidences scientifiques sur l’efficacité d’une application mobile adaptée à une population atteinte de cancer.

Pour suivre l’évolution de mon projet doctoral et mon implication auprès de cette population, suivez mon compte Instagram @coach4cancer et celui du Behavioural Medicine Laboratory @behavmedlab.

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Références

  1. Courneya, K. S. & Friendenrich, C. M. (2001). Framework PEACE : An organizational model for examining physical exercise across the cancer experience. Annal Behavioral Medicine, 23(4), 263-272. https://doi.org/1207/S15324796ABM2304_5
  2. Dorri, S., Asadi, F., Olfatbakhsh, A., & Kazemi, A. (2019). A systematic review of electronic health (eHealth) interventions to improve physical activity in patients with breast cancer. Breast Cancer, 27(1), 25-46. https://doi.org/10.1007/s12282-019-00982-3
  3. Kiss, N., Baguley, B .J., Ball, K., Dali, R .M., Fraser, S .F., Granger, C. L. & Ugalde, A. (2019). Technology-supported self-guided nutrition and physical activity interventions for adults with cancer: systematic review. JMIR Mhealth Uhealth, 7(2), e12281. https://doi.org/2196/12281
  4. Haberlin, C., O’Dwyer, T., Mockler, D., Moran, J., O’Donnell, D. M. & Broderick, J. (2018). The use of eHealth to promote physical activity in cancer survivors: a systematic review. Supportive Care in Cancer, 26(10), 3323-3336. https://doi.org/10.1007/s00520-018-4305-z
  5. Payo, M. R., Harris, J. & Armes, J. (2019). Prescribing fitness apps for people with cancer : a preliminary assessment of content and quality of commercially available apps. Journal of Cancer Survivorship, 13(3), 397-416. https://doi.org/ 10.1007/s11764-019-00760-2
  6. Roberts, A. L., Fisher, A., Smith, L., Heinrich, M. & Potts, H. W. W. (2017). Digital health behaviour change interventions targeting physical activity and diet in cancer survivors: a systematic review and meta-analysis. Journal of Cancer Survivors, 11(6), 704–719. https://doi.org/10.1007/s11764-017-0632-1

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