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La réadaptation neurologique au service de la neuroplasticité postlésionnelle

Apprenez comment la réadaptation neurologique et la neuroplasticité ont un impact réel chez une population vivant avec des conditions neurologiques.

Par Dre Murielle Grangeon, PhD, Kin, Admin. A.

Fondatrice et Présidente Directrice Générale du centre de réadaptation Neuro-Concept Inc.

Experte et chercheure Santé, Technologie, Innovation 

Chargée de cours, UQAM, KIN3760 Rééducation motrice

Formatrice de Neuro-Académie

La réadaptation neurologique améliore efficacement les déficits neurologiques. Pour ce faire, la prise en charge multidisciplinaire et intermilieux de la clientèle neurologique doit être organisée, structurée et orientée vers un but. Les connaissances des dix dernières années sur la neuroplasticité, les techniques d’imagerie, ainsi que les expériences en clinique et en recherche de plusieurs dizaines d’année nous permettent de mieux comprendre la dynamique du processus de récupération et d’optimiser la prise en charge de la clientèle neurologique.

La neuroplasticité est un processus qui se met en place automatiquement après une lésion et dont il est possible d’augmenter l’impact en recréant des conditions favorables et en dirigeant les stimulations et l’activité musculaire. Le réapprentissage à haute intensité et avec tâche orientée favorise les modifications structurelles du cerveau et la répétition permet de les ancrer dans la durée. 

Prenons l’exemple de l’AVC. Lors des premiers mois suivant la lésion cérébrale, ce sont surtout des processus locaux qui se mettent en place avec notamment une résorption de l’œdème périlésionnel, une amélioration de la pénombre et du diaschisis. Parallèlement, le tissu cérébral intact va progressivement se réorganiser. C’est le début de la neuroplasticité postlésionnelle qui va utiliser d’ailleurs aussi bien des mécanismes ipsi que contralatéraux. Les études d’imagerie démontrent des modifications des neurotransmetteurs, des processus de démasquage de nouvelles connexions et synapses, ainsi que le phénomène de synaptogenèse. Il est également important de comprendre qu’une zone cérébrale détruite ne veut pas nécessairement dire que la fonction liée soit aussi altérée. Lorsqu’une zone du cortex moteur primaire est lésée, les zones adjacentes peuvent être capables de restaurer les fonctions perdues parce qu’elles participaient déjà à ces fonctions avant la lésion. Le cerveau a donc des possibilités adaptatives et des capacités de redondance des circuits cérébraux. Certaines études ont démontré que certaines fonctions (notamment élémentaires) pouvaient récupérer plus rapidement que d’autres (fonctions plus corticales) en lien avec la différence du rôle fonctionnel de la zone lésée. En raison de cette réorganisation corticale, une prise en charge dès la phase aigüe en réadaptation est essentielle pour cette clientèle afin d’éviter une plasticité maladaptative. 

Ces effets neuroplastiques seraient d’autant plus importants que le patient participe en ayant l’intention volontaire de faire le mouvement (et pas forcément l’exécution volontaire du mouvement). Il s’agit donc dans l’approche thérapeutique de prendre cette intention volontaire en considération. Les travaux sur le rôle de l’intention de l’action et les études sur l’imagerie motrice (représentation mentale de l’action avec inhibition de la commande motrice) permettent de mieux comprendre le rôle des processus cognitifs dans l’exécution d’un mouvement et feront l’objet d’un prochain blogue.

La réadaptation neurologique a donc pour but de stimuler et guider cette neuroplasticité. Ce concept est transférable à d’autres conditions neurologiques que celle de l’AVC, tels que la lésion médullaire, la paralysie cérébrale, traumatisme cranio-cérébral, etc. D’ailleurs plusieurs éléments sont à prendre en considération et sont déterminants pour favoriser une mise en application favorable. Citons notamment la notion de shaping des protocoles cliniques, d’intensité d’exercice, l’utilisation d’outils technologiques et l’implantation de la science dans la réalité clinique.

Références

  1. Voir le blogue pour la vulgarisation grand public de la neuroplasticité https://www.neuro-concept.ca/fr/quest-ce-que-la-neuroplasticite/
  2. Gressens P. Protéger le cerveau en comprenant et mobilisant ses capacités de plasticité. Mot Cérébrale Réadapt Neurol Dév. 2015;36(3):98–101.
  3. Grangeon M. L’entraînement mental en Clinique. Imagerie motrice et réadaptation fonctionnelle – application aux blessés médullaires. Presses Académiques Francophones, 2014, ISBN 978-3-8381-7528-7, 356 pages. 
  4. Sakariya Sa-e, Christopher T. Freeman, Kai Yang, Iterative learning control of functional electrical stimulation in the presence of voluntary user effort, Control Engineering Practice, Volume 96, 2020, 104303, ISSN 0967-0661

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