fbpx

Les effets du travail excentrique sur les adaptations musculaires

Les effets du travail excentrique sur les adaptations musculaires

L’utilisation de ce type de contraction présente des avantages supplémentaires en ce qui concerne les adaptations possibles sur la cellule musculaire et plus précisément sur le plan physiologique et neural.

Par Pierre-Luc Dubé

 

Un paramètre souvent négligé est le tempo utilisé lors de l’exécution d’un exercice. Les différents types de contraction musculaire (concentrique, isométrique et excentrique) présentent chacun leurs avantages et leurs défauts, selon le contexte dans lequel ils sont utilisés. Néanmoins, au-delà des courbatures engendrées par le travail excentrique, il semble que l’utilisation de ce type de contraction présente des avantages supplémentaires en ce qui concerne les adaptations possibles sur la cellule musculaire et plus précisément sur le plan physiologique et neural.

Le stress mécanique créé par la combinaison de l’étirement et de la production de la force entraîne des changements au milieu interne, en plus de favoriser davantage de microlésions. Les dommages ou les modifications à la cellule entraînent le relâchement de certains facteurs tels que les facteurs de croissance apparentés à l’insuline (IGF), qui ont pour travail de venir interagir avec l’ADN afin d’engendrer la transcription d’ARN messagers. La liaison des facteurs initialise et module la production de protéines spécifiques. En addition, le travail excentrique favoriserait la présence d’un plus grand nombre de récepteurs androgéniques et modifierait leurs actions, ce qui amplifierait la réponse à l’entraînement et les gains de masse musculaire.

Tout comme la contraction concentrique, la contraction excentrique engendre une tension à l’intérieur du muscle qui favorise l’ischémie par la compression des vaisseaux sanguins. Dans le même ordre d’idées, des facteurs comme les facteurs induits par l’hypoxie (HIF) sont alors relâchés afin de répondre au milieu plus faible en oxygène. Ils agissent sous le même principe que les IGF mentionnés plus tôt, et induisent une multitude d’adaptations comme l’augmentation de la masse musculaire, l’accélération de la dégradation des tissus nécrosés par les macrophages, l’augmentation du nombre de globules rouges et l’accroissement de la prolifération cellulaire. L’étirement sous tension des fibres affecte aussi des structures extracellulaires comme le collagène ce qui résulte par une acidification du milieu extérieur à la cellule et augmente la dégradation des cellules musculaires. Ainsi, le processus préalablement enclenché est fortifié par le phénomène.

Du point de vue neurologique, la phase excentrique favoriserait l’activation des fibres de type 2 des muscles impliqués dans un mouvement, comparativement à la contraction concentrique. Sachant que les fibres de type 2 ont un potentiel plus important d’hypertrophie, l’utilisation de ce régime de contractions augmente le potentiel de prise de masse. L’activité corticale semble aussi augmentée par le travail excentrique en raison de la demande plus accrue de contrôle du mouvement et du réflexe à l’étirement. De plus, il semble que l’entraînement excentrique favorise une préactivation plus hâtive du cortex cérébral en comparaison avec le travail concentrique. Ceci pourrait donc faciliter le recrutement des unités motrices et la coordination des muscles synergiques. L’utilisation de la contraction excentrique réduirait l’activité des organes tendineux de Golgi, ce qui aurait pour conséquence une augmentation de production de force. Alors, en combinant un recrutement musculaire plus important et en réduisant l’effet réflexe des appareils de Golgi, la production de force maximale se voit augmentée.

En conclusion, le travail excentrique semble avoir une influence plus prononcée sur les adaptations physiologiques et neurologiques venant avec l’entraînement, comparativement aux autres types de contractions. Au-delà du potentiel augmenté de prise de masse musculaire et de récupération, les patrons de mouvements et le recrutement musculaire pourraient être améliorés. Ainsi, le potentiel de production de force pourrait lui aussi se voir influencer positivement.

Références

  1. Vandenburgh H. H. Motion into mass: how does tension stimulate muscle growth? Medicine & Science in Sports & Exercise. 1987;19 ; 142–S149.
  2. Smith R. C., Rutherford O. M. The role of metabolites in strength training. I. A comparison of eccentric and concentric contractions. European Journal of Applied Physiology and Occupational Physiology. 1995;71(4):332–336. doi: 10.1007/bf00240413.
  3. Maxwell PH. Le Facteur Hif-1 Induit Par L’hypoxie Et La Sensibilité À L’oxygène. Flammarion Médecine-Sciences, 51-66., 2006.
  4. Scheerer N, Dehne N, Stockmann C, Swoboda S, Baba HA, Neugebauer A, Johnson RS, Fandrey J. Myeloid hypoxia-inducible factor-1α is essential for skeletal muscle regeneration in mice. The Journal of Immunology, 191(1), 407-414., 2013.
  5. Moritani T., Muramatsu S., Muro M. Activity of motor units during concentric and eccentric contractions. The American Journal of Physical Medicine. 1987;66(6):338–350.
  6. Fang Y., Siemionow V., Sahgal V., Xiong F., Yue G. H. Greater movement-related cortical potential during human eccentric versus concentric muscle contractions. Journal of Neurophysiology. 2001;86(4):1764–1772.
  7. Kaminski T. W., Wabbersen C. V., Murphy R. M. Concentric versus enhanced eccentric hamstring strength training: clinical implications. Journal of Athletic Training. 1998;33(3):216–221.
  8. Bamman M. M., Shipp J. R., Jiang J., et al. Mechanical load increases muscle IGF-I and androgen receptor mRNA concentrations in humans. American Journal of Physiology: Endocrinology and Metabolism. 2001;280(3); E383–E390.

Inscrivez-vous à notre infolettre

Du contenu en fonction de vos intérêts vous sera proposé!

© 2019 Bia Formations Inc. Tous droits réservés.

Ne partez pas trop vite!

Inscrivez-vous ici pour recevoir du contenu informatif en lien avec vos intérêts.