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Les effets du cortisol sur les adaptations à l’entraînement

Les effets du cortisol sur les adaptations à l’entraînement

Bien que l’intention derrière l’activité physique soit noble, le stress physiologique engendré par l’entraînement amène lui aussi le relâchement du cortisol.

Par Pierre-Luc Dubé

 

La société actuelle est centrée sur la performance. Que ce soit au travail, à la maison ou dans le sport, les personnes qui se démarquent sont souvent celles qui sont admirées. Avec la performance viennent la pression et le stress. Cet état d’esprit peut se traduire en symptômes physiques et influencer le fonctionnement normal du corps humain à l’échelle cellulaire. L’entraînement constitue, sous le même principe, une perturbation à laquelle le corps doit faire face. Bien que l’intention derrière l’activité physique soit noble, le stress physiologique engendré par l’entraînement amène lui aussi le relâchement du cortisol, une hormone catabolique impliquée dans la réponse appelée « combat-fuite ». Le contrôle de sa concentration dans l’organisme est l’un des aspects influençant significativement la mise en place des adaptations engendrées par l’entraînement. Cette hormone reste nécessaire afin de perturber le milieu cellulaire et de provoquer des adaptations, mais peut interférer avec les objectifs de prise de masse musculaire et d’amélioration de la composition corporelle lorsqu’elle se retrouve en trop grande quantité.

Le but premier de l’entraînement est de favoriser les adaptations musculaires et physiologiques par l’instauration d’une fatigue plus ou moins grande. Néanmoins, une fatigue trop importante augmente drastiquement le taux de cortisol et prolonge le temps de récupération. Il devient alors important de quantifier le niveau de fatigue engendré par l’entraînement afin d’avoir une concentration optimale. La présence d’un niveau trop élevé de l’hormone empêche le corps de tomber en mode récupération et de refaire ses réserves énergétiques. Le maintien de la mobilisation des réserves retrouvées à l’intérieur du muscle, comme le glycogène musculaire, peut contribuer à la réduction du volume musculaire. Le muscle, étant une réserve importante de glucides, voit sa saturation réduite lorsque le stress, ou du moins la perception du stress, perdure sur une longue période de temps. Le faible niveau de substrats à l’intérieur des muscles vient ensuite limiter le potentiel d’énergie disponible et nécessaire à la contraction musculaire. En addition, l’effet catabolique du cortisol pourrait influencer la sécrétion hormonale. Le niveau de testostérone circulant dans l’organisme peut être réduit par une concentration de cortisol trop élevée.

De l’autre côté du continuum, l’amélioration de la composition corporelle, et plus précisément la quantité de masse grasse d’un individu, est influencée elle aussi par la présence de cortisol. Il limite ainsi le niveau de conversion des hormones thyroïdiennes T4 (forme peu active) en T3 (forme active). Ceci a pour effets un métabolisme plus lent et un stockage plus important des ressources d’énergie sous forme de graisse. De plus, le cortisol, étant inflammatoire, donne l’impression d’être plus gras et favorise le dépôt de masse adipeuse au niveau de l’abdomen. Un autre problème venant avec un niveau de cortisol trop élevé sur une trop longue période de temps est la résistance à l’insuline. En réponse à la hausse de la glycémie causée par la mobilisation des réserves énergétiques, le corps devient en quelque sorte lâche et ne répond plus aussi bien à la présence de glucides. Ayant une faible capacité à gérer l’augmentation de la glycémie, le corps favorise le stockage au lieu d’utiliser les sucres pour la production d’énergie.

Avec le système physiologique n’ayant pas d’yeux, il est difficile de prévoir l’intensité perçue du stress. Le corps sécrète du cortisol afin de faire face au stress qu’on lui soumet, et ce, parfois de façon exagérée selon le contexte. Au-delà de l’entraînement, le stress externe venant avec la vie quotidienne peut aussi venir ajouter et moduler notre réponse hormonale. Il devient encore plus important de prescrire des types d’entraînement et un volume adapté à nos clients afin de minimiser l’augmentation du cortisol. Néanmoins, il faut garder en tête qu’il est nécessaire afin d’engendrer les adaptations musculaires et physiologiques. C’est plutôt l’exposition chronique à un niveau trop important de cortisol qui peut devenir problématique et affecter les fonctions physiologiques des clients.

Références

  1. Gremion G. & Kuntzer T. Fatigue and reduction in motor performance in sportspeople or overtraining syndrome. Rev Med Suisse 2014 ; 10 : 962-5
  2. Kellmann M. Preventing overtraining in athletes in high-intensity sports and stress/recovery monitoring. Scandinavian Journal of Medecine and Science In Sports. 2010 https://doi.org/10.1111/j.1600-0838.2010.01192.x
  3. Chan DKO., Woo NYS. Effect of cortisol on the metabolism of the eel, General and Comparative Endocrinology. 1978 35(3); 205-215.
  4. Cumming DC., Quigley ME., Yen SSC. Acute Suppression of Circulating Testosterone Levels by Cortisol in Men. The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 1983 57(3); 671-673
  5. Björntorp P. Metabolic Implications of Body Fat Distribution. American Diabetes Association. 1991 14(12): 1132-1143.

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