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Le vieillissement, la sédentarité et les bénéfices d’un mode de vie actif

Même à 65 ans, il est possible d'introduire la médecine préventive et d'éduquer les gens à adopter des modes de vie sains et actifs et de prévenir un bon nombre des effets délétères du vieillissement.

Par Guy Hajj-Boutros, M.Sc.

 

Le vieillissement de la population est bien reconnu dans notre société. Ce fait s’observe aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le vieillissement de la population est un phénomène sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Parmi les nombreux défis sociaux posés par le vieillissement de la population, il y a une prévalence croissante de maladies chroniques multiples et de déficiences fonctionnelles chez les personnes âgées, donnant lieu à des syndromes gériatriques, en particulier chez les plus de 85 ans. Pourtant, il est prouvé que l’humain vieillit mieux. L’espérance de vie à 65 ans n’a cessé d’augmenter dans la plupart des pays développés pour atteindre les niveaux actuels d’environ 85 ans pour les femmes et 80 ans pour les hommes. Ainsi, même à 65 ans, il est possible d’introduire la médecine préventive et d’éduquer les gens à adopter des modes de vie sains et actifs et de prévenir un bon nombre des effets délétères du vieillissement.

Le vieillissement est un phénomène hétérogène qui résulte de l’interaction entre le bagage génétique individuel et les facteurs environnementaux, tels que l’adoption d’un mode de vie sain. Par exemple, l’apparition du diabète de type 2 peut être retardée ou évitée grâce à une pratique d’activité physique régulière et à des habitudes alimentaires saines. Il existe également plusieurs déterminants sociaux et psychologiques de la santé, notamment l’éducation, le revenu, le statut social, la participation sociale, la perception du contrôle sur sa vie et l’attitude positive pour n’en citer que quelques-uns.

Dans des publications futures sur ce site, nous présenterons plusieurs aspects affectant le vieillissement en bonne santé, tels que l’activité physique, les habitudes alimentaires et la participation sociale. Ces habitudes de vie sont à la portée de nombreuses personnes âgées pour une vie saine et épanouie. D’abord, il est important de comprendre les conséquences de la sédentarité et les effets protecteurs d’un mode de vie actif dans le vieillissement.

Les directives actuelles pour l’activité physique chez les personnes âgées de l’American College of Sports Medicine et de l’American Heart Association recommandent de pratiquer au moins 30 minutes d’activité physique en endurance à intensité modérée 5 jours par semaine ou 20 minutes d’activité physique en endurance à intensité vigoureuse 3 jours par semaine. Par contre, ces lignes directrices recommandées peuvent être difficiles à atteindre pour la plupart des individus. En effet, seulement 12 % de la population âgée (60 à 79 ans) au Canada respecte ces lignes directrices en matière d’activité physique. Chez les personnes âgées, des données suggèrent que la majorité de leur temps éveillé est passé dans un état sédentaire, par exemple en position assise. Plusieurs études ont examiné si de longues périodes de sédentarité, comme la position assise, peuvent être associées à des effets négatifs sur la santé. D’ailleurs, une récente méta-analyse a démontré qu’un comportement sédentaire prolongé était associé à un risque accru de mortalité toutes causes confondues, de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de cancer. En outre, il a été rapporté qu’une longue période de temps assise durant une journée est associé à un taux de mortalité de 2,7 fois plus élevé comparé à une courte période. En outre, une méta-analyse a démontré qu’une sédentarité plus importante, comme la position assise, était associé à un risque accru de complications métaboliques de 73 %. Il existe même des preuves suggérant que les personnes obèses restent assises 2 heures de plus que les personnes non-obèse. Il est intéressant de constater que cette étude a noté que la dépense énergétique des personnes obèses pourrait augmenter de 350 kcal par jour si elles avaient le même comportement que les personnes non-obèse. Par conséquent, le comportement sédentaire peut diminuer la dépense énergétique cumulative en raison de la diminution du nombre de contractions musculaires tout au long de la journée. Cette dépense énergétique en position debout causée par les muscles contractés est considérée bénéfique. Il a été démontré que la dépense énergétique d’un tel type d’activité est supérieure à celle d’un exercice structuré comme la marche ou la course. Au besoin, les professionnels de la santé devraient donc conseiller une position debout plutôt qu’assise pour augmenter la dépense énergétique de leur patient.

Les comportements sédentaires prolongés sont aussi remarqués chez les personnes physiquement actives. Il existe des preuves suggérant qu’une période de sédentarité élevée peut être associée à des maladies chroniques, et ce, indépendamment de l’activité physique globale pratiquée. Ainsi, le comportement sédentaire semble être un prédicteur important des résultats pour la santé qui va au-delà du niveau d’activité physique d’un individu. Toutefois, une récente méta-analyse, qui a porté sur plus d’un million de sujets qui ont été suivi de 2 à 18 ans, a montré que 60 à 75 minutes d’activité physique à intensité modérée par semaine semblent diminuer le risque de mortalité associé à un temps assis élevé (> 8 heures par jour). Les auteurs ont également montré que le même niveau d’activité physique atténuait mais n’éliminait pas le risque de mortalité associé à un temps de télévision élevé (>5 heures par jour). Augmenter la fréquence des pauses pourrait être une méthode à considérer pour diminuer les effets négatifs des comportements sédentaires. En effet, interrompre la période de sédentarité semble avoir des effets positifs sur de multiples facteurs de risque métaboliques. Par conséquent, les futures directives en matière d’activité physique devraient encourager à réduire le temps passer en position assise. Toutefois, aucune donnée ne nous confirme que rester debout pendant de longues périodes au cours de la journée est suffisant pour diminuer le risque de maladie. Les professionnels de la santé devraient encourager différentes options/activités pour les personnes âgées pour limiter le temps passé en position assise, telles que les bureaux en position debout pour les ordinateurs, les jeux vidéo interactifs, la position debout dans les transports publics, les appareils qui vibrent lorsqu’on est assis trop longtemps et l’utilisation des escaliers.

Les preuves mentionnées ci-haut permettent de voir l’importance de la diminution des habitudes sédentaires pour réduire les risques de plusieurs maladies cardiovasculaires et de toutes causes de mortalité confondues. Les personnes âgées sont encouragées à réduire leur temps en position assise et à faire des pauses plus actives pour mieux vieillir.

Références

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