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La souffrance n’augmente pas la performance

La souffrance n’augmente pas la performance

Qui n’a jamais entendu l’expression « no pain, no gain » ?

Qui n’a jamais entendu l’expression « no pain, no gain » ? Elle est demeurée longtemps au palmarès des échanges les plus entendus dans les salles d’entraînement et s’est infiltrée dans la mentalité de plusieurs sportifs et artistes professionnels. Il s’agit de tout un exploit pour une expression dont les fondements ne sont pas supportés par la littérature scientifique.

Déjà considérés comme des martyrs de leur art, les danseurs n’ont pas été épargnés par cette tendance.  La douleur est glorifiée, dès un jeune âge, par l’entremise d’idéaux qui la romantisent. Même si certains sportifs utiliseront la douleur comme étant un signal d’alarme, un indicateur de la nécessité de modifier sa technique, plusieurs demeurent convaincus que la douleur est une menace qui les empêchera de pratiquer leur sport. Il s’agit donc d’un sujet tabou parmi eux, la plupart des danseurs préférant taire leurs douleurs.

Même si ce ne sont pas tous les danseurs qui continuent à pratiquer leur art en présence de douleur, la grande majorité le font. Elle est perçue comme une sensation qu’il faut contrôler et non éviter. En tant que professionnel de la santé, nous devons comprendre l’importance du sport pour l’athlète et le contexte dans lequel ils évoluent. Étant dans un milieu hautement compétitif où les demandes de performance ne sont pas modulées en fonction de la disponibilité des athlètes, les danseurs doivent accepter de perdre des rôles en cas de blessures. Il existe donc une dualité entre le désir de performer et la prise en compte des douleurs. Ils tentent le plus souvent de distinguer une « bonne douleur » d’une « mauvaise douleur. Alors que la bonne douleur serait la preuve d’un travail musculaire, un inconfort agréable, la mauvaise douleur elle serait associée aux blessures. Non seulement la nuance est extrêmement subjective, mais il faut aussi considérer que la majorité des danseurs continuent à danser malgré la présence d’une mauvaise douleur.

La douleur demeure un processus complexe dont tous les mécanismes ne sont pas encore résolus. La douleur aiguë, bien que problématique, demeure une difficulté de moindre ampleur que la douleur chronique. Pour la lombalgie par exemple, ce sont 52% des danseurs qui en souffrent au point de limiter leurs activités et 24% qui en souffrent de manière chronique. Ces douleurs récurrentes peuvent devenir assez importantes pour mettre un frein de manière prématurée à une carrière. Les blessures font d’ailleurs partie des raisons les plus citées pour expliquer l’arrêt de la danse chez les jeunes pratiquant le ballet d’élite, de même que les troubles alimentaires.

En tant que professionnels de la santé, nous occupons une place de choix dans l’équipe entourant l’athlète. Nous occupons une position privilégiée qui permet d’aborder avec eux les croyances par rapport aux douleurs. Il est primordial de les adresser avec eux, mais également de leur donner des outils pour déconstruire la perspective selon laquelle les douleurs sont inhérentes au sport. Les professionnels de la santé doivent passer le message : la souffrance n’augmente pas la performance.

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