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Déconstruire l’image de martyrs dans le sport

Déconstruire l’image de martyrs dans le sport

Comment faire concrètement ?

Dans l’imaginaire collectif, les sportifs professionnels demeurent des individus susceptibles de blessures : la ballerine aux pieds brisés, les footballeurs hébétés par les commotions cérébrales, les hockeyeurs aux épaules amochées… On considère que les blessures dans le sport sont inévitables, qu’elles sont normales. Pourtant, à l’exception des sports de contact, les blessures sont le plus souvent causées par une surutilisation plutôt que par un traumatisme. Dans un environnement où nous poussons les athlètes à constamment surpasser leurs prédécesseurs, il est comprenable qu’ils soient de plus en plus blessés. Déconstruire l’image de martyrs est donc un défi de taille, qui impose que nous revoyions nos objectifs en tant qu’entraîneur, thérapeute et athlète. Il importe de revoir nos manières de conceptualiser et gérer la douleur à l’entraînement.

Que faire lorsqu’une douleur apparaît ?

Il est important de comprendre que, dans la plupart des cas, la douleur est d’abord et avant tout un signal d’alarme. Elle a comme but d’avertir le corps que certaines structures deviennent problématiques. Chez les athlètes, la douleur n’est donc pas forcément un synonyme de blessure. Il faut interpréter cette douleur comme un avertissement pour protéger la zone surutilisée.

En premier lieu, lorsqu’une douleur fait son apparition, il importe de la signaler à son entraîneur ou son professeur. Lorsqu’ils ne sont pas blessés, il faut s’assurer que la technique de l’athlète qui réalise une tâche est sans faille. Évidemment, il faut ensuite corriger cette technique et s’assurer que l’athlète a la force et la souplesse pour soutenir ces corrections. Dans l’éventualité où l’athlète ne pourrait pas s’adapter à ces corrections avec les capacités physiques qu’il possède, des exercices de renforcement et d’étirement pourront être bénéfiques. Il faut également s’assurer que le contrôle moteur est adéquat, c’est-à-dire que la séquence d’activation musculaire s’effectue dans le bon ordre.

Pour un athlète blessé qui a des douleurs à l’entraînement, il importe de suivre les indications du thérapeute qui le traite. Pour les athlètes qui ne sont pas suivis, il existe tout de même quelques règles générales qui peuvent s’appliquer. Il faut s’assurer qu’à l’entraînement, seulement un inconfort léger soit reproduit. De plus, cet inconfort devrait disparaître dans une fenêtre de 1 à 2 heures après l’activité physique. Il ne s’agit pas ici de courbatures, mais bien d’une douleur qui serait apparue pendant l’entraînement.

Comment éviter les douleurs ?

 Plusieurs études existent à ce jour sur les facteurs de risque de blessures chez les athlètes. Parmi ceux-ci, on retrouve les troubles du comportement alimentaire, la fatigue, la passion obsessive, les déficits de force musculaire et de stabilité lombopelvienne.

Selon une revue de littérature, les athlètes souffrant de troubles alimentaires sont deux fois plus à risque d’être victimes d’une blessure. Ceci pourrait être expliqué par la diminution d’énergie disponible, limitant ainsi la croissance et la réparation des tissus de l’athlète.

En période de compétition, il a été trouvé que la qualité du sommeil était moindre, affectant le niveau d’anxiété qui lui serait plus élevé. De plus, une plus grande perception de fatigue chez les athlètes est associée à uns plus haute incidence de blessures.

Chez les danseurs, il a été constaté que la passion obsessive semble être un facteur de risque dans la douleur chronique, alors que la passion harmonieuse permettrait de danser en santé. La passion obsessive est caractérisée par un besoin incontrôlable de pratiquer l’activité qui est l’objet de la passion. La passion harmonieuse est plutôt associée à une activité qui est importante pour la personne, mais qui laisse aussi place à d’autres occupations.

Concernant la force et la stabilité lombopelvienne, plusieurs études ont démontré qu’elles jouaient un rôle dans l’incidence de blessures chez plusieurs populations d’athlète. Un déficit de force aux membres inférieurs est lié aux blessures chez les athlètes. De même, la stabilité lombopelvienne a été identifié comme un facteur de risque de blessures. La stabilité lombopelvienne peut être évaluée, entre autres, par le Functional Movement Screen (FMS) et le Movement Competency Screen (MCS) qui ne prennent que quelques minutes à administrer.

Comment faire concrètement ?

 

En définitive, l’époque où les athlètes étaient vus comme des martyrs est révolue. Après plusieurs problèmes de santé très médiatisés d’athlètes de renommée et plus d’études sur les conséquences à long terme des blessures, nous avons enfin pris conscience de l’importance d’un corps en santé. Nous observons donc dans plusieurs sports un renouveau où la santé des athlètes devient une priorité. Ferez-vous partie de cette vague de changement ?

Références

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