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La corrélation entre le cancer, l’obésité et l’activité physique

La corrélation entre le cancer, l'obésité et l'activité physique

Il est aujourd'hui démontré que l’obésité a une influence significative sur l’incidence du cancer en Amérique du Nord.

Par Myriam Fillon

 

En mai 2019, l’American Institute of Cancer Research a présenté un congrès international qui mettait l’accent sur l’activité physique, le cancer et le fardeau de l’obésité. Il est aujourd’hui démontré que l’obésité a une influence significative sur l’incidence du cancer en Amérique du Nord [1]. 

Les rôles de l’alimentation, du poids corporel et de l’inactivité physique ont un impact majeur sur le risque de cancer. En effet, les hormones liées à l’obésité activent des mécanismes qui augmentent la probabilité de survie des cellules cancéreuses plutôt que leur mort. Le mécanisme identifié est le suivant : lorsqu’il y a trop d’insuline dans l’organisme, les cellules graisseuses font leur travail pour entreposer cette énergie supplémentaire. Mais les autres cellules, celles des organes comme le sein, le côlon et la prostate, utilisent cette énergie pour se diviser. Si les cellules endommagées se divisent, de nouvelles cellules endommagées veulent survivre. Lorsque vous multipliez par des milliards de cellules, les risques de développer un cancer augmentent [1].

En plus d’avoir un impact sur le risque de développer un cancer, l’obésité peut aggraver plusieurs aspects pendant la trajectoire de la maladie. En effet, la recherche indique que l’obésité peut diminuer la survie au cancer, la qualité de vie, la récurrence du cancer et le pronostic [2,3]. Cependant, la plupart des données sur l’obésité et le cancer ne proviennent pas de sujets diagnostiqués d’un cancer du sein, de la prostate ou colorectal.

Survie et récidive 

Dans un essai clinique réalisé auprès de patients atteints d’un cancer du rectum de stade II et de stade III, les sujets dont l’IMC était plus élevé (en particulier les hommes) présentaient un plus grand risque de récidive locale [4]. Aussi, le risque de décès par myélome multiple est de 50 % plus élevé chez les personnes présentant un taux d’obésité plus haut que chez les personnes de poids normal [5]. L’équipe du Dr Giovannucci a étudié l’association entre la fluctuation du poids sur 20 ans et le risque de développer un myélome multiple. Les sujets qui avaient un cycle de prise et de perte de poids extrême au cours d’une période de 20 ans présentaient un risque plus élevé de 62% de développer un myélome que les personnes qui avaient un poids sain et stable [6].

Qualité de vie

L’excès de poids corporel est associé à une plus grande probabilité d’apparition et d’aggravation de l’évolution clinique du lymphœdème lié au cancer du sein [7]. L’obésité est également associée à un risque accru de lymphœdème lié au traitement chez les femmes atteintes d’un cancer du sein [8] et d’incontinence chez les hommes atteints du cancer de la prostate traité par prostatectomie radicale [9].

Pronostic

Plusieurs essais cliniques randomisés chez des survivantes du cancer du sein rapportaient qu’une perte de poids entraînait des changements positifs dans les biomarqueurs liés à l’association entre l’obésité et le pronostic (10). Cependant, il y a un manque de preuves sur la perte de poids et l’amélioration de la récidive ou le pronostic du cancer [11].

Nous devons poursuivre nos efforts en prévention et développer des actions concrètes en ce sens, car l’obésité est reconnu comme un facteur de risque du cancer. Encore aujourd’hui, dans les pays développés, le système de santé préfère traiter le cancer avec succès plutôt que de le prévenir. Toutefois, même les personnes remises du cancer et pour qui les traitements ont fonctionné, auraient préféré ne jamais l’avoir vécu.

RÉFÉRENCES

  1. World Cancer Research Fund, American Institute for Cancer Research. Diet, Obesity, Physical Activity, and Cancer: Beyond the Blueprint. Chappell Hill, NC: AICR; 2019.
  2. Schmitz KH, Neuhouser ML, Agurs-Collins T, et al. Impact of obesity on cancer survivorship and the potential relevance of race and ethnicity. Journal of the National Cancer Institute 2013; 105(18):1344-1354.
  3. McTiernan A, et al. Physical Activity in Cancer Prevention and Survival: A Systematic Review. Medicine & Science in Sports & Exercise 2019; 51(6):1252–1261.
  4. Meyerhardt JA, Tepper JE, Niedzwiecki D, et al. Impact of body mass index on outcomes and treatment-related toxicity in patients with stage II and III rectal cancer: findings from Intergroup Trial 0114. Journal of Clinical Oncology 2004; 22(4):648-657.
  5. Teras LR, Kitahara CM, Birmann BM, et al. Body size and multiple myeloma mortality: a pooled analysis of 20 prospective studies. British Journal of Haematology 2014; 166(5):667-676.
  6. Marinac CR, Suppan CA, Giovannucci E, et al. Elucidating Under-Studied Aspects of the Link Between Obesity and Multiple Myeloma: Weight Pattern, Body Shape Trajectory, and Body Fat Distribution. JNCI Cancer Spectrum 2019 3(3):1-8.
  7. KwanML, Darbinian J, Schmitz KH, et al. Risk factors for lymphedema in a prospective breast cancer survivorship study: The Pathways Study. Arch Surg. 2010;145(11):1055-1063. doi:10.1001/archsurg.2010.231
  8. Paskett ED, Dean JA, Oliveri JM, Harrop JP. Cancer-related lymphedema risk factors, diagnosis, treatment, and impact: a review. Journal of Clinical Oncology 2012; 30(30):3726-3733.
  9. Gacci M, Sebastianelli A, Salvi M, et al. Role of abdominal obesity for functional outcomes and complications in men treated with radical prostatectomy for prostate cancer: results of the Multicenter Italian Report on Radical Prostatectomy (MIRROR) study. Scandinavian Journal of Urology 2014; 48(2):138-145.
  10. Harrigan M, Cartmel B, Loftfield E, et al. Randomized trial comparing telephone versus in-person weight loss counseling on body composition and circulating biomarkers in women treated for breast cancer : The Lifestyle, Exercise, and Nutrition (LEAN) Study. Journal of Clinical Oncology 2016 ; 34(7):669-676.
  11. Goodwin PJ. Obesity and breast cancer outcomes : How much evidence is needed to change practice ? Journal of Clinical Oncology 2016 ; 34(7) :646-648.

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