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8 facteurs à considérer chez la coureuse en période postnatale

8 facteurs à considérer chez la coureuse en période postnatale

Vous souhaitez évaluer et traiter une coureuse en période postnatale? Voici quelques points à prendre en compte!

Par Marisabelle Plante, M. pht., microprogramme RPP et Julie Côté-Lapierre, M. pht, microprogramme RPP

En tant que physiothérapeutes, lorsqu’une patiente se présente en consultation avec l’objectif de reprendre la pratique de la course à pied en période postnatale, il est essentiel de s’attarder aux impacts de la grossesse et de l’accouchement sur le système musculosquelettique et sur l’unité interne.

Nous questionnerons la patiente sur tous symptômes pouvant suggérer un dysfonctionnement pelvi-périnéale (fuites urinaires, urgences mictionnelles, lourdeur vaginale et douleur pelvi-périnéale). Nous procéderons à une évaluation objective exhaustive comprenant l’évaluation de la musculature du plancher pelvien.

Voici certains éléments supplémentaires à ne pas oublier de considérer dans l’évaluation et la prise en charge de la coureuse en période postnatale :

  1. Le sommeil : Sachant que les habitudes de sommeil sont perturbées par l’arrivée du nouveau-né et que le sommeil est nécessaire à la récupération physique et psychologique, il est important de questionner et de considérer cet aspect dans la reprise des activités sportives en général. Chez les athlètes par exemple, il est démontré qu’une carence de sommeil serait associée à un risque de blessures plus élevé (Milewski et al. 2014).
  1. L’allaitement : L’allaitement étant recommandé par l’OMS jusqu’à au moins 6 mois (WHO, 2016), il est logique de penser que la majorité des femmes qui reprennent la course à pied en période postnatale sont toujours allaitantes. Le profil hormonal demeure altéré durant la période d’allaitement ; les taux d’œstrogène sont plus bas, et les taux de relaxine possiblement légèrement plus élevés. Bien que le lien entre la relaxine, la laxité ligamentaire et le risque de blessure soit toujours débattu (Manarch et al, 2003), il demeure prudent de donner des conseils appropriés afin d’adapter l’allaitement à la pratique de la course à pied. Par exemple, il pourrait être plus confortable de synchroniser l’allaitement avant l’entraînement, afin de diminuer le poids des seins durant la course. Autrement, sachant que la consommation d’eau doit être augmentée en période d’allaitement (environ 3L d’eau/jour), il est d’autant plus important que les femmes s’assurent d’un niveau d’hydratation adéquat avec la pratique sportive, surtout si cet entraînement est effectué à la chaleur.
  1. Les vêtements : De façon encore plus importante si la femme allaite, la brassière d’entraînement devrait offrir le soutien nécessaire sans comprimer les seins (Allard, 2013) et ce, afin d’éviter une modification de la posture, du patron de course et ainsi réduire les risques de développer une blessure musculosquelettique. Un ajustement sur mesure serait idéal. Par ailleurs, sachant que la taille des pieds peut changer de façon permanente suite à une grossesse, il vaut mieux s’assurer que les anciennes chaussures soient toujours adéquates avant de reprendre la course.
  1. Le poids : L’embonpoint (IMC>30) serait un facteur de risque de l’incontinence urinaire, en raison du poids additionnel engendré sur le plancher pelvien. Sachant que la course à pied est considérée comme un sport avec impact, il serait prudent de suggérer la pratique d’une activité à faible impact en présence d’embonpoint, comme le vélo, la natation ou la marche.
  1. L’état psychologique : Cet élément est à considérer dans l’accompagnement de toute clientèle postnatale, sachant que jusqu’à 20% des femmes souffrent d’une dépression post-partum après l’accouchement (Camacho and Shields, 2018). L’échelle de dépression postnatale d’Édimbourg constitue un outil intéressant pour dépister la dépression et pourrait être à inclure dans notre évaluation de la capacité globale à reprendre l’activité physique. Une évaluation clinique plus poussée devrait être effectuée pour confirmer le diagnostic et la référence au professionnel qualifié est évidemment nécessaire pour un soutien psychologique au besoin.
  1. Les cicatrices : Le tissu cicatriciel peut mener à une perturbation de la mobilité tissulaire et donc avoir un impact sur les structures et muscles sous-jacents. Donc, chez la femme ayant accouché par voie vaginale ET celle ayant accouché par césarienne, il est important de promouvoir une mobilité optimale de ces tissus, par une évaluation rapide en période postnatale et par l’enseignement d’exercices d’automobilisation.
  1. La respiration : Nous pourrions élaborer longuement sur l’importance de l’évaluation du diaphragme et du patron respiratoire en postnatal! Résumons simplement ici qu’un patron respiratoire permettant un recrutement optimal du diaphragme est essentiel à la synergie entre les différentes composantes de l’unité interne (ou «core»), dont le plancher pelvien et le transverse abdominal. (Wiebe)
  1. La diastase: Ah, le fameux débat de la diastase et de la course à pied! Cet élément mérite un article à lui seul. Prenez connaissance d’un de nos prochains articles si vous souhaitez en apprendre davantage!

Le retour à la course en période postnatale doit prendre en compte un ensemble de facteurs auxquels nous ne nous attardons pas forcément de prime abord. Considérons davantage l’influence de ces facteurs pour une approche plus «holistique» ou globale de notre patiente souhaitant reprendre la course à pied!

Références :

– Allard, S. (2013) La course à pied au féminin, Les Éditions La Presse.

– Camacho, E. et al. (2018) Cost-effectivenesss of interventions for perinatal anxiety and/or depression: a systematic review. BMJ Open 8:e022022.

– Goom, T. et al. (2019) Returning to running postnatal- guidelines for medical, health and fitness professionals managing this population.

– Manarch, M. et al (2003) Characterization of the relationship between joint laxity and maternal hormones in pregnancy. Obstetrics & Gynaecology 101(2)

– Milewski, A. et al (2014) Chronic Lack of Sleep is Associated With Increased Sports Injuries in Adolescend Athletes. Journal of Pediatric Orthopaedics 34(2), 129-133.

 

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